Il y a des années, il y a des siècles, un bon journaliste était le premier à raconter une nouvelle. Le premier sur place, le premier qui transmettait l'info. Cette obsession pour la vitesse séparait le journaliste de l'éditorialiste, du chroniqueur. La meilleure voie possible pour qu'un jeune s'impose dans le métier c'était dénicher l'info plus vite que son ombre. Cette hantise pour la vitesse a façonné le Journaliste depuis deux siècles, depuis une époque ou les informations étaient les nouvelles parce que le public et la concurrence ne les connaissaient pas.

Et maintenant ? maintenant l'info circule si vite qu'être le plus rapide donne un avantage de quelques secondes sur son concurrent le moins acharné. Il y a tellement d'information que la différence entre l'urgent et le moins urgent c'est que le premier est instantané et le reste arrivera quelques secondes après. Grâce à Internet n'importe qui peut publier l'info avant, grâce aux APN n'importe qui peut prendre La photo.

Mais tout ceci n'est pas entièrement vrai. Un bon journaliste est surtout quelqu'un de captivant, juste, précis et surtout éclairant. Mais la vitesse servait jusqu'à maintenant à s'en décharger. Le temps est peut-être venu de changer ? Appelons ça le journalisme lent.